La poésie sauvera le monde. Ces mots de Jean-Pierre Siméon résonnent cette année de manière bien singulière, et pourraient se décliner comme la thématique symbolique de la 13e édition du Festival Notes d’automne. 

Si une société oublie le poème, la musique, l’art en général, véritables concentrés d’humanité et de fraternité, c’est qu’elle s’est s’oubliée elle-même.

L’art est une sorte de rapatriement à la source de ce que l’on est.

Il envisage un autre regard. Comme l’écrivait Eluard: « oui il y a un autre monde, mais il est dans ce monde ».

L’art est au fond un « extraordinaire accélérateur de la conscience », et c’est pour cela qu’il se fait tantôt révolte lorsque la liberté est brimée, rêve quand la réalité est trop difficile à vivre, lumière lorsque certaines peurs se révèlent être des illusions.

Il est un outil pour que le monde prenne conscience de lui-même, se sortant de l’oubli du réel et de la léthargie routinière, un aimant de découverte de la beauté foudroyante du brin d’herbe foulé sous son pied. 

Et aussi celui de la découverte de l’autre, dont on réalise alors soudainement que les différences sont issues du même terreau que le nôtre.

A travers certains des plus grands chefs d’œuvre musicaux et littéraires de l’humanité, des Partitas de Bach à l’Ode à la Joie de Beethoven, de Don Quichotte de Cervantes aux 24 heures de la vie d’une femme de Zweig, interprétés par les artistes les plus talentueux (Julie Depardieu, Mathieu Kassovitz, Patrice Fontanarosa, Coline Serreau…), puisse le prochain Festival Notes d’automne être de nouveau l’occasion de ces retrouvailles magnifiques !

Pascal AMOYEL

Directeur artistique du Festival